« 40 ans et 50 Tours du Monde en avion privé, une longévité unique et la marque d’un visionnaire »

Tel « l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes », décrit par Baudelaire dans
« Le Voyage »,
Jean-Maurice Ravon a été animé dès son plus jeune âge
par le désir de découvrir les grands espaces.
Depuis 1987, le fondateur de TMR les fait partager en concoctant des Tours du Monde à nul autre pareils…

Rencontre avec Jean-Maurice Ravon
Président-directeur général de TMR et créateur de la Croisière Aérienne autour du Monde.
1 - Si votre port d’attache est Marseille depuis de nombreuses années, vous êtes né en Vendée, au bord de l’Atlantique.
Vous avez donc toujours eu pour horizon l’infini bleuté des mers... et l’envie de voir ce qu’il y avait au-delà de cette frontière ?

Jean-Maurice Ravon : Je me souviens d’avoir lu un livre de Jean Favier parlant de ces conquérants allés au-delà de l’horizon, De l’Or et des Épices. Il commençait ainsi : « Ce qui fait l’homme, c’est l’horizon. » C’est aussi mon cas : ayant toujours vécu devant l’océan, j’ai voulu aller voir de l’autre côté. Ce n’était pas gagné, car la Vendée de mon enfance était très pauvre. J’ai eu la chance d’avoir un père instituteur : la salle de classe était une pièce de notre maison, et j’allais y passer le temps. Il y avait des cartes aux murs. Et puis des livres… Tout cela a fait que j’ai été le seul de mon village à passer le bac, puis devenir étudiant en droit.

2 - Par quel chemin êtes-vous arrivé au métier d’agent de voyages ?
Marié très jeune, j’ai dû rapidement gagner ma vie. Pourquoi pas en vendant du rêve ? Je me suis donc installé comme agent de voyages. Aujourd’hui, on peut à peine imaginer cette époque : c’était la préhistoire ! Cela paraîtra incroyable, mais quand j’ai débuté, les croisières n’existaient pas.
3 - En 1987, vous lanciez le premier tour du monde aérien. D’où vous est venue cette idée ?
Petit à petit. Ma marque de fabrique a toujours été de proposer ce que les autres ne pouvaient pas faire. Pour mon métier, j’ai énormément voyagé. Je pouvais partir le vendredi au Mexique afin de découvrir un hôtel et rentrer le lundi, par exemple. Quant à ma première visite au Japon, c’était exactement comme dans Lost in Translation : l’exotisme était partout… J’ai ainsi vu beaucoup d’endroits qui m’ont marqué et nourri. J’avais beaucoup baroudé et je voulais créer quelque chose de novateur qui me permettrait de relier, hors des routes commerciales, toutes les beautés du monde que j’avais pu découvrir. Mais j’ai aussi noté que certains vols pouvaient être très longs et qu’il n’y avait pas de ligne directe reliant Rio de Janeiro à l’Île de Pâques ni à Tahiti, par exemple. L’idée d’affréter un avion privé pour effectuer des liaisons inédites entre des destinations exceptionnelles a commencé à germer. En roulant sur l’autoroute près d’Orly, je voyais toujours ce Concorde sur le tarmac. Je suis allé voir Air France pour leur proposer de l’utiliser pour un tour du monde. Ils m’ont dit que j’étais cinglé et m’ont mis à la porte. J’ai insisté, encore et encore. Et puis ça s’est fait, en 1987. Aucune agence de voyages n’a souhaité vendre ce Tour du Monde qui n’existait pas encore ; alors je l’ai vendu tout seul. Et cela a marché au-delà de mes espérances… Ce premier Tour du Monde pouvait aussi se prévaloir d’un parrainage de choix : André Turcat. Il avait été le premier de l’Histoire à piloter le Concorde. Quand je lui ai proposé de reprendre les commandes, il a accepté avec enthousiasme. En me donnant un conseil que je n’ai jamais oublié : « Méfiez-vous : les ratés ne vous ratent jamais. Ils sont très dangereux ! »
4 - Vous êtes le premier à avoir démocratisé le tourisme sur l’Île de Pâques. Comment cela s’est-il passé ?
C’est vrai, au départ, personne n’avait l’idée d’y aller, c’était simplement une escale technique. Comme j’aimais ce site, j’ai décidé de l’ajouter à notre tour du monde. À l’époque, il n’y avait rien, ni aéroport, ni route, ni hôtel, on se déplaçait à cheval et on dormait chez l’habitant. Le Concorde a même dû se poser sur une piste destinée aux navettes spatiales ! Il y a d’ailleurs aujourd’hui dans l’aéroport une photo du Concorde atterrissant sur l’île. Il s’agit d’un vol TMR. Même si l’escale reste magique, à titre purement personnel, j’éprouve la nostalgie d’un paradis perdu.
5 - Au-delà des destinations de rêve, votre Tour du Monde se distingue par sa formule haut de gamme...
En haute couture, on pourrait parler de prêt-à-porter de luxe. C’est une très belle aventure qui permet de changer de temps et d’échelle au cours d’un seul voyage. Notre expérience et notre savoir-faire sont reconnus dans le milieu aérien. En prenant le risque de louer un avion, on peut abaisser les coûts par personne et proposer à nos globe-trotteurs de vivre une expérience de voyage hors du commun. Notre concept de proposer un tour du monde grand confort, « tout-inclus » et sans stress n’a pas vieilli ! Les clients sont de plus en plus demandeurs de ce genre de formule notamment en Classe Premium. Ce qu’il faut, c’est oser inventer, surtout quand c’est difficile et qu’on ne vous attend pas. En 50 Tours du Monde, je n’ai jamais annulé. Le vrai génie, c’est de durer.
6 - Que recherchent vos clients à travers ces voyages hors normes « tout-inclus » ?
Une prise en charge globale avec beaucoup d’attention, une fluidité au niveau des formalités. Sur certaines escales, on évite le passage aux douanes, ce qui est très agréable. On est parvenu à insuffler de la fluidité à chaque instant du voyage. Et surtout, nos clients ne touchent plus à leurs valises, une fois qu’ils les ont déposées à l’aéroport Paris-CDG, on se charge de tout pendant toute la durée de l’itinérance. Ils sont séduits par le concept et n’hésitent pas à revenir. Nos clients nous recommandent à leurs amis, le bouche-à-oreille fonctionne bien. Ils adorent et certains reviennent d’année en année, jusqu’à 17 fois pour notre plus fidèle cliente ! Suite à la 50 ème édition, la quasi-totalité des voyageurs souhaitent renouveler l’aventure.
7 - 21 jours, n’est-ce pas trop court pour un Tour du Monde ?
C’est volontaire. L’accumulation est justement l’attrait de ce séjour. Le tour du monde aérien constitue un échantillon du monde. Chaque escale offre l’avant-goût idéal d’une culture. Il y a toujours beaucoup à voir dans chaque pays, mais si vous restez un jour de plus… c’est souvent un jour de trop. En partant avec le sentiment de ne pas avoir tout découvert, vous prendrez beaucoup plus de plaisir et aurez envie de revenir.
8 - Ce n’est pas fatigant de traverser 24 fuseaux horaires en 3 semaines ?
Notre tour du monde est organisé d’est en ouest afin de minimiser l’effet du décalage horaire et donc favoriser les temps de visites et de découvertes. Mis à part le premier, les vols sont assez courts entre deux escales et se font de jour. Nous avons acquis une réelle expertise dans un domaine ultra-technique, nous maîtrisons ces paramètres.
9 - Avec près de 50 tours du monde, on peut imaginer que vous avez vécu des aventures folles. Quel est votre plus beau souvenir ?
Il y en a évidemment beaucoup. Je me souviens d’un homme et d’une femme qui voyageaient en solo. Ils ont fait connaissance dans le hall d’embarquement à Paris-Charles-de-Gaulle. Puis, je ne sais pas comment, ils se sont retrouvés pas très loin l’un de l’autre dans l’avion. Ils ont sympathisé et, à la fin du premier vol, ils se tenaient par la main. Ils nous ont rapidement dit qu’ils n’avaient plus besoin de l’option « single » et, à la fin du séjour, ils ont décidé de se marier ! Les Tours du Monde TMR sont des voyages au cours desquels de belles rencontres voient le jour. Des liens se tissent, aussi bien entre les voyageurs qu’avec les accompagnateurs et membres d’équipage… pour un jour, pour le voyage ou pour toute la vie ! Le Tour du Monde est de l’étoffe dont sont faits les plus beaux rêves.
10 - Vendéen de naissance, marseillais de résidence, globe-trotteur de métier, posez-vous parfois vos valises ?
Je passe très peu de temps chez moi. Mais depuis que je suis à Marseille, je suis toujours au même endroit, dans le même bureau. Je suis un sédentaire voyageur !
11 – Peut-on vous parler d’un « après TMR » ?
Je suis à la retraite depuis près de 15 ans. Mais elle est active puisque je continue à la tête de TMR. Mon moteur, c’est le plaisir de travailler.
Pour le reste, Jean-Maurice Ravon n'aime rien tant que contempler la mer, au-delà de l’horizon…

« 40 ans et 50 Tours du Monde en avion privé, une longévité unique et la marque d’un visionnaire »

Tel « l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes », décrit par Baudelaire dans
« Le Voyage »,
Jean-Maurice Ravon a été animé dès son plus jeune âge
par le désir de découvrir les grands espaces.
Depuis 1987, le fondateur de TMR les fait partager en concoctant des Tours du Monde à nul autre pareils…

Rencontre avec Jean-Maurice Ravon
Président-directeur général de TMR et créateur de la Croisière Aérienne autour du Monde.
1 - Si votre port d’attache est Marseille depuis de nombreuses années, vous êtes né en Vendée, au bord de l’Atlantique. Vous avez donc toujours eu pour horizon l’infini bleuté des mers... et l’envie de voir ce qu’il y avait au-delà de cette frontière ?

Jean-Maurice Ravon : Je me souviens d’avoir lu un livre de Jean Favier parlant de ces conquérants allés au-delà de l’horizon, De l’Or et des Épices. Il commençait ainsi : « Ce qui fait l’homme, c’est l’horizon. » C’est aussi mon cas : ayant toujours vécu devant l’océan, j’ai voulu aller voir de l’autre côté. Ce n’était pas gagné, car la Vendée de mon enfance était très pauvre. J’ai eu la chance d’avoir un père instituteur : la salle de classe était une pièce de notre maison, et j’allais y passer le temps. Il y avait des cartes aux murs. Et puis des livres… Tout cela a fait que j’ai été le seul de mon village à passer le bac, puis devenir étudiant en droit.

2 - Par quel chemin êtes-vous arrivé au métier d’agent de voyages ?
Marié très jeune, j’ai dû rapidement gagner ma vie. Pourquoi pas en vendant du rêve ? Je me suis donc installé comme agent de voyages. Aujourd’hui, on peut à peine imaginer cette époque : c’était la préhistoire ! Cela paraîtra incroyable, mais quand j’ai débuté, les croisières n’existaient pas.
3 - En 1987, vous lanciez le premier tour du monde aérien. D’où vous est venue cette idée ?
Petit à petit. Ma marque de fabrique a toujours été de proposer ce que les autres ne pouvaient pas faire. Pour mon métier, j’ai énormément voyagé. Je pouvais partir le vendredi au Mexique afin de découvrir un hôtel et rentrer le lundi, par exemple. Quant à ma première visite au Japon, c’était exactement comme dans Lost in Translation : l’exotisme était partout… J’ai ainsi vu beaucoup d’endroits qui m’ont marqué et nourri. J’avais beaucoup baroudé et je voulais créer quelque chose de novateur qui me permettrait de relier, hors des routes commerciales, toutes les beautés du monde que j’avais pu découvrir. Mais j’ai aussi noté que certains vols pouvaient être très longs et qu’il n’y avait pas de ligne directe reliant Rio de Janeiro à l’Île de Pâques ni à Tahiti, par exemple. L’idée d’affréter un avion privé pour effectuer des liaisons inédites entre des destinations exceptionnelles a commencé à germer. En roulant sur l’autoroute près d’Orly, je voyais toujours ce Concorde sur le tarmac. Je suis allé voir Air France pour leur proposer de l’utiliser pour un tour du monde. Ils m’ont dit que j’étais cinglé et m’ont mis à la porte. J’ai insisté, encore et encore. Et puis ça s’est fait, en 1987. Aucune agence de voyages n’a souhaité vendre ce Tour du Monde qui n’existait pas encore ; alors je l’ai vendu tout seul. Et cela a marché au-delà de mes espérances… Ce premier Tour du Monde pouvait aussi se prévaloir d’un parrainage de choix : André Turcat. Il avait été le premier de l’Histoire à piloter le Concorde. Quand je lui ai proposé de reprendre les commandes, il a accepté avec enthousiasme. En me donnant un conseil que je n’ai jamais oublié : « Méfiez-vous : les ratés ne vous ratent jamais. Ils sont très dangereux ! »
4 - Vous êtes le premier à avoir démocratisé le tourisme sur l’Île de Pâques. Comment cela s’est-il passé ?
C’est vrai, au départ, personne n’avait l’idée d’y aller, c’était simplement une escale technique. Comme j’aimais ce site, j’ai décidé de l’ajouter à notre tour du monde. À l’époque, il n’y avait rien, ni aéroport, ni route, ni hôtel, on se déplaçait à cheval et on dormait chez l’habitant. Le Concorde a même dû se poser sur une piste destinée aux navettes spatiales ! Il y a d’ailleurs aujourd’hui dans l’aéroport une photo du Concorde atterrissant sur l’île. Il s’agit d’un vol TMR. Même si l’escale reste magique, à titre purement personnel, j’éprouve la nostalgie d’un paradis perdu.
5 - Au-delà des destinations de rêve, votre Tour du Monde se distingue par sa formule haut de gamme...
En haute couture, on pourrait parler de prêt-à-porter de luxe. C’est une très belle aventure qui permet de changer de temps et d’échelle au cours d’un seul voyage. Notre expérience et notre savoir-faire sont reconnus dans le milieu aérien. En prenant le risque de louer un avion, on peut abaisser les coûts par personne et proposer à nos globe-trotteurs de vivre une expérience de voyage hors du commun. Notre concept de proposer un tour du monde grand confort, « tout-inclus » et sans stress n’a pas vieilli ! Les clients sont de plus en plus demandeurs de ce genre de formule notamment en Classe Premium. Ce qu’il faut, c’est oser inventer, surtout quand c’est difficile et qu’on ne vous attend pas. En 50 Tours du Monde, je n’ai jamais annulé. Le vrai génie, c’est de durer.
6 - Que recherchent vos clients à travers ces voyages hors normes « tout-inclus » ?
Une prise en charge globale avec beaucoup d’attention, une fluidité au niveau des formalités. Sur certaines escales, on évite le passage aux douanes, ce qui est très agréable. On est parvenu à insuffler de la fluidité à chaque instant du voyage. Et surtout, nos clients ne touchent plus à leurs valises, une fois qu’ils les ont déposées à l’aéroport Paris-CDG, on se charge de tout pendant toute la durée de l’itinérance. Ils sont séduits par le concept et n’hésitent pas à revenir. Nos clients nous recommandent à leurs amis, le bouche-à-oreille fonctionne bien. Ils adorent et certains reviennent d’année en année, jusqu’à 17 fois pour notre plus fidèle cliente ! Suite à la 50 ème édition, la quasi-totalité des voyageurs souhaitent renouveler l’aventure.
7 - 21 jours, n’est-ce pas trop court pour un Tour du Monde ?
C’est volontaire. L’accumulation est justement l’attrait de ce séjour. Le tour du monde aérien constitue un échantillon du monde. Chaque escale offre l’avant-goût idéal d’une culture. Il y a toujours beaucoup à voir dans chaque pays, mais si vous restez un jour de plus… c’est souvent un jour de trop. En partant avec le sentiment de ne pas avoir tout découvert, vous prendrez beaucoup plus de plaisir et aurez envie de revenir.
8 - Ce n’est pas fatigant de traverser 24 fuseaux horaires en 3 semaines ?
Notre tour du monde est organisé d’est en ouest afin de minimiser l’effet du décalage horaire et donc favoriser les temps de visites et de découvertes. Mis à part le premier, les vols sont assez courts entre deux escales et se font de jour. Nous avons acquis une réelle expertise dans un domaine ultra-technique, nous maîtrisons ces paramètres.
9 - Avec près de 50 tours du monde, on peut imaginer que vous avez vécu des aventures folles. Quel est votre plus beau souvenir ?
Il y en a évidemment beaucoup. Je me souviens d’un homme et d’une femme qui voyageaient en solo. Ils ont fait connaissance dans le hall d’embarquement à Paris-Charles-de-Gaulle. Puis, je ne sais pas comment, ils se sont retrouvés pas très loin l’un de l’autre dans l’avion. Ils ont sympathisé et, à la fin du premier vol, ils se tenaient par la main. Ils nous ont rapidement dit qu’ils n’avaient plus besoin de l’option « single » et, à la fin du séjour, ils ont décidé de se marier ! Les Tours du Monde TMR sont des voyages au cours desquels de belles rencontres voient le jour. Des liens se tissent, aussi bien entre les voyageurs qu’avec les accompagnateurs et membres d’équipage… pour un jour, pour le voyage ou pour toute la vie ! Le Tour du Monde est de l’étoffe dont sont faits les plus beaux rêves.
10 - Vendéen de naissance, marseillais de résidence, globe-trotteur de métier, posez-vous parfois vos valises ?
Je passe très peu de temps chez moi. Mais depuis que je suis à Marseille, je suis toujours au même endroit, dans le même bureau. Je suis un sédentaire voyageur !
11 – Peut-on vous parler d’un « après TMR » ?
Je suis à la retraite depuis près de 15 ans. Mais elle est active puisque je continue à la tête de TMR. Mon moteur, c’est le plaisir de travailler.
Pour le reste, Jean-Maurice Ravon n'aime rien tant que contempler la mer, au-delà de l’horizon…